Les Sud-africains ont exprimé des frustrations et une « colère croissantes» face aux niveaux élevés de criminalité dans le pays, a indiqué mardi le Président Cyril Ramaphosa.
« La criminalité en Afrique du Sud ne peut être éradiquée sans une force de police forte, compétente et professionnelle », a déclaré M. Ramaphosa dans sa newsletter hebdomadaire, notant que le gouvernement sud-africain s’efforce de fournir au Service de police sud-africain (SAPS) les ressources dont il a besoin pour s’acquitter convenablement de ses fonctions et lutter contre la criminalité croissante.
« Comme tous les services gouvernementaux, la police sud-africaine ressent les effets de la crise fiscale du pays, plusieurs années de sous-effectifs et de capture de l’État. Les policiers travaillent également dans un environnement dangereux où ils doivent souvent faire face à la violence, aux blessures ou à la mort », a-t-il dit.
Il a ajouté que la capacité du SAPS était l’un des problèmes signalés dans le rapport du groupe d’experts sur les émeutes meurtrières de juillet 2021 qui ont ravagé plusieurs régions du pays.
Reconnaissant que le manque de personnel et de formation adéquate ont eu un impact particulièrement désastreux sur la police communautaire et l’ordre public, le chef d’État a assuré que l’accent s’est maintenant déplacé sur le recrutement et la formation.
« Le gouvernement a alloué des fonds pour le recrutement de 12.000 nouveaux policiers stagiaires, dont un premier groupe suit déjà une formation de base. Les unités de maintien de l’ordre public du SAPS seront renforcées avec 4.000 membres supplémentaires au cours de cet exercice, alors que des dispositions sont prises pour une formation appropriée des membres », a-t-il expliqué.
Le président a de même relevé que bien que le gouvernement fasse sa part pour assurer un maintien de l’ordre efficace, les communautés, la société civile et les entreprises doivent collaborer avec la police et soutenir ses efforts.
L’Afrique du Sud est l’un des pays les plus dangereux au monde. La criminalité a pris des proportions alarmantes avec un taux de meurtres, attaques à main armée, enlèvements, viols et autres crimes, supérieur à la majorité des autres pays dans le monde.
Le ministre de la Police, Bheki Cele, qui a présenté récemment les statistiques trimestrielles sur la criminalité à la commission parlementaire du portfolio de la Police, a brossé un tableau sombre de la situation sécuritaire dans le pays.
Avec près de 11.000 femmes violées et 6.083 personnes assassinées, dont 898 femmes et 306 enfants, le pays semble être en guerre contre lui-même.