Il semble que l’atmosphère dans le secteur éducatif, marquée par une tension persistante sur une période de près de trois mois, a finalement commencé à se détendre. Deux coordinations ont annoncé la suspension des grèves et de toutes les formes de manifestations, signalant un tournant bienvenu dans la situation. En parallèle, d’autres coordinations évaluent la décision de suspendre les grèves afin de sauver l’année scolaire. Cette évolution était plus que nécessaire.
Jeudi soir, la Coordination nationale des enseignants du secondaire qualifiant et la Coordination unifiée du corps enseignant et du personnel de soutien ont conjointement déclaré la suspension de toutes les manifestations. La Coordination unifiée du corps enseignant et du personnel de soutien a expliqué, dans un communiqué, sa décision temporaire de suspendre le programme de lutte pour la semaine en cours, précisément les 12 et 13 janvier 2024.
Cette suspension intervient en réponse positive et responsable aux initiatives syndicales, politiques et des droits, ainsi qu’aux appels reçus pour mettre fin à la crise et restaurer la confiance dans les institutions. Elle insiste sur la nécessité d’une lutte équilibrée et équitable, prenant en compte l’intérêt de toutes les composantes de l’école publique, favorisant la victoire collective pour le bien de la nation.
Le communiqué souligne que « dans le contexte actuel tendu, la sagesse est nécessaire, laissant place aux initiatives nationales avisées pour résoudre la crise, en faveur de la nation et assurant la dignité du corps enseignant et du personnel de soutien« .
Il met en avant la suspension des manifestations comme une démarche « pour le droit des enfants des Marocains de sauver l’année scolaire selon une vision inclusive garantissant l’égalité des chances, la correction des lacunes d’apprentissage et assurant la dignité de tous ceux qui ont été contraints par l’injustice à manifester légalement et légitimement« .
La coordination appelle à l’annulation de « toutes les détentions arbitraires, le retrait des coupures salariales illégales pour les grévistes et à répondre aux demandes présentées par la Coordination unifiée du corps enseignant et du personnel de soutien ». Elle demande également « la mise en place d’un statut unifié répondant aux aspirations du personnel éducatif et traduisant ses demandes justes et légitimes, ainsi que son droit à des acquis protégés contre le contournement et le retrait« .
De son côté, la Coordination nationale des enseignants du secondaire qualifiant a confirmé sa décision de « suspendre temporairement toutes les formes de manifestations et de boycotts mentionnés dans les déclarations précédentes, à partir du 12 janvier 2024 et pour le reste de cette semaine et la semaine prochaine« . Ils mettent en œuvre le principe visant à créer une atmosphère positive assurant le retour participatif des salles de classe, où chaque partie contribue de manière responsable, basée sur la responsabilité militante et le sentiment patriotique.
La coordination des enseignants du secondaire a averti le ministère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement primaire que « tout mépris de la décision de suspendre les manifestations, selon le calendrier proposé, et des demandes qui y sont liées, entraînera inévitablement un retour certain à la réalisation d’un programme de lutte progressant des sit-ins partiels à une descente nationale, jusqu’à un camp nocturne et une grève de la faim« .