L’Algérie s’est de nouveau attaquée au Maroc via une dépêche de son agence officielle APS, au lieu de s’en prendre à un média français. Le ton et la bassesse de cette dépêche, indignes d’une agence de presse étatique, montrent à quel point la faiblesse du régime algérien sous la « Nouvelle Algérie » de Tebboune.
Sans que la presse marocaine ne daigne s’intéresser de près ou de loin aux prochaines élections présidentielles en Algérie, l’agence officielle algérienne a visé le Royaume dans une dépêche insensée au ton puéril.
Au lieu de s’adresser directement à la presse française et plus particulièrement à la radio RFI à l’origine de l’article sur le potentiel report de la présidentielle algérienne de 2024, l’APS, voix de son maître par excellence, a choisi sa cible préférée et la plus facile.
Sauf que cette fois-ci, le ton de cette dépêche laisse croire à une fébrilité sans mesure de la part de l’appareil étatique algérien, une rage sans nom qui les a fait sortir de leurs gonds au point d’utiliser le commentaire et les insultes.
Cela n’est pas tout à fait nouveau pour l’APS qui nous a habitués à cette bassesse, mais au moins, le format utilisé par le passé rentrait, plus ou moins, dans le cadre d’une dépêche d’agence et pas d’un commentaire comme peuvent en faire les internautes ultranationalistes.
« Toute honte bue, la machine de propagande du makhzen se surpasse en fake-news sur l’Algérie et les élections algériennes », indique la dépêche algérienne.
« Cela a commencé par leur caniche makhzino-sioniste de Paris et se développe au niveau de certaines radios françaises dont la reconnaissance du ventre et du bas-ventre au makhzen est avérée depuis longtemps », peut-on lire, ou encore: « Messieurs du makhzen : un conseil d’ami qui vous veut du bien ! Tournez votre regard plutôt vers le Palais Royal au lieu d’El Mouradia ».
Cette dépêche de l’APS n’a pas manqué de choquer même la presse algérienne qui a réagi à travers des articles, comme celui du Matin d’Algérie qui a estimé que l’APS « aurait pu choisir un autre style digne d’une agence de presse ». Et d’insister: « l’APS s’est fendu d’une réponse qui ne répond nullement à une dépêche d’une agence de presse publique. Bien au contraire ».
« L’Agence presse service s’est chargée, dans une saillie particulièrement aigre, de répondre aux médias et autres sources qui ont supputé le report de la présidentielle », a noté le média qui n’a pas mentionné les médias marocains, à juste titre, puisqu’ils n’ont pas abordé la question de la présidentielle en Algérie.
La presse algérienne a reconnu que le langage utilisé par l’agence de presse étatique « est inédit pour ne pas dire choquant ».
Le journaliste algérien s’est également étonné des raisons qui ont poussé l’agence officielle à écrire cette « bafouille », signalant que décidément « il y a quelque chose qui ne tourne pas rond en haut lieu ».
Et de s’interroger pour quelles raisons l’auteur n’a pas choisi d’écrire une dépêche argumentée « pour déconstruire la propagande de potentiels ennemis ».
Il aurait pu prendre de la hauteur et répondre « sans tomber aussi bas », a encore souligné le média, tout en se demandant « si les plumes de l’APS n’auraient pas perdu leur sang-froid ? ».
Vraisemblablement oui, puisque les mots utilisés et le style montrent une débandade, une fuite en avant des voix officielles du régime algérien, une précipitation qui augurerait justement de problèmes au niveau de cette prochaine présidentielle factice où le candidat-pantin, Tebboune devrait être reconduit, sauf surprise.
A moins que cette pseudo-agence n’enrage, réellement, parce que la presse marocaine n’accorde aucun intérêt à cette échéance chez le voisin de l’Est, qu’elle estime dénuée de sens, et surtout de crédibilité.