Les raisons qui ont poussé Govrin & Co à quitter le Royaume

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Israël a procédé au retrait de ses missions diplomatiques d’un certain nombre de pays où elle a considéré qu’il y avait une colère populaire croissante en raison du conflit avec la Palestine. Le Maroc n’a pas fait exception à cette situation et Hespress avait d’ailleurs relayé en premier la nouvelle du retrait du directeur du bureau de liaison israélien à Rabat, David Govrin, et de tous les membres de son équipe.

Cela avait, du reste, ouvert la porte à bien des spéculations. Les raisons principales ont été l’ampleur de la manifestation de dimanche dernier à Rabat et les marches populaires spontanées dans plusieurs villes après le bombardement de l’hôpital Al Ahly que le Royaume  avait condamné fermement. D’aucuns, (manifestants et quelques partis politiques et ONG) avaient même demandé « l’expulsion de Govrin, la fermeture définitive du bureau de liaison et l’annulation de la normalisation ».

Dans sa lecture du dossier, Ismail Hamoudi, analyste politique et professeur de relations internationales à l’université Sidi Mohammed Ben Abdullah de Fès, a déclaré à Hespress que le départ de Govrin et de son équipe « répond aux pressions populaires de solidarité avec la Palestine, quant à l’agression israélienne contre Gaza ». Hamoudi a estimé que le départ de l’équipe du diplomate israélien du Maroc « devrait absorber quelque peu la colère des Marocains, d’autant plus que Govrin agit comme un activiste et non comme un diplomate représentant son pays, ce qui n’est pas typique des représentants diplomatiques des pays étrangers dans le Royaume et cela brise les normes diplomatiques ».

L’expert politique a souligné que « les activités que Govrin exerce sont embarrassantes pour les autorités marocaines au vu de la colère populaire qu’elles suscitent et qui fait pression sur ces dernières ». Hamoudi en conclut que « son départ “soulage“ et répond à la pression populaire, mais cela reste insuffisant au regard des  manifestations qui ont eu lieu dans la plupart des villes marocaines qui exigeaient l’arrêt de la normalisation et la fermeture définitive du bureau de liaison israélien ».

Hamoudi a ajouté à propos : « Je pense que toute position officielle dans ce sens ne sera pas isolée. S’il y a une décision d’arrêter la normalisation et de fermer le bureau de liaison, cela pourrait se faire dans le cadre d’une position arabe unifiée, incluant les pays qui ont normalisé leurs relations ces dernières années ». L’analyste politique et professeur de relations internationales a exclu que le Maroc puisse prendre seul cette mesure, affirmant qu’« il existe une coordination arabe, et cette dernière pourrait progressivement s’intensifier en faisant pression sur Israël pour qu’il mette fin à l’agression ».

Et d’ajouter qu’il y a « une série de décisions qui iront dans ce sens contre Israël qui pourrait à un moment donné revenir sur les accords de normalisation », soulignant que « si celle-ci viendrait à se produire, elle serait le résultat de la poursuite de l’agression israélienne contre Gaza, surtout dans le cas où l’Etat hébreu procède à une invasion terrestre dévastatrice de la bande de Gaza, avec le déplacement forcé des Palestiniens ».

De son côté, Mohamed Yahya, professeur de relations internationales à l’université Abdelmalek Saadi de Tanger, a estimé que le départ de l’équipe du bureau de liaison israélien est « le résultat de la pression populaire dans un certain nombre de pays arabes ». Yahya a déclaré, à Hespress, que l’annonce par le ministère israélien des Affaires étrangères du retrait de ses missions diplomatiques des pays arabes avait pour but de « reconsidérer les arrangements internes », soulignant que « la lecture la plus proche de la réalité est que le retrait s’est fait sous la pression populaire, pour éviter tout autre événement, et la possibilité que « les choses évoluent vers des non-retours ».

Yahya s’attend également à ce que ces événements n’affectent pas de manière significative le niveau des relations entre le Maroc et Israël, ajoutant : « La situation sera rétablie » dès la tempête passée, et chacun retournera au statut d’avant, étant donné que ce qui a été signé dépasse tout ça », soulignant que « les relations internationales se construisent sur les intérêts et rien d’autre »

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