Tebboune dans les filets de Poutine!

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Mustapha Tossa

Voilà. Ce qui était craint par les Européens et les Américains à l’égard de l’Algérie est devenu une flagrante réalité. Le régime algérien a offert un soutien inconditionnel à Vladimir Poutine dans un contexte où ce dernier vit une défiance internationale sans précédent.

Au cours de cette visite improvisée du président algérien, Abdelmajid Tebboune à Moscou, un tournant stratégique a été acté. L’Algérie consacre son divorce avec les pays de l’Union européenne et l’administration américaine, les soutiens vitaux de l’Ukraine dans sa riposte à la guerre russe.

 

 

Le régime algérien s’est donc jeté dans les bras de Poutine, créant une nouvelle donne politique qui va indéniablement obliger Bruxelles et Washington à réévaluer cette situation et par conséquent leur relations avec Alger.

Avec l’Europe, le régime algérien avait déjà entamé un bras de fer dont l’Espagne était la première victime. Résultat, une forme de rupture et de défiance qui installe les relations entre l’Union européenne et l’Algérie dans une zone de turbulences et d’incompréhensions.

Avec la France, la lune de miel a été avortée. Malgré les tentatives du président français, motivé par un tropisme algérien, les deux pays ne sont pas parvenus à cette entente qui éloignerait l’Algérie du giron russe et normaliserait ses relatons avec son voisinage européen.

Bien au contraire, le président Tebboune a profité de sa visite à Moscou pour adresser de violentes critiques à la France et à sa présence dans la région du Sahel, épousant par là aussi bien la propagande que l’activisme russe dans la région. Depuis Moscou, Tebboune a douché l’enthousiasme algérien d’Emmanuel Macron.

Aujourd’hui, plus que jamais, se pose la question de l’attitude de la coalition internationale qui soutient l’Ukraine contre la Russie à l’égard du régime algérien. Qu’un pays puisse observer une forme de neutralité positive puisse prendre une distance à l’égard des protagonistes de ce conflit comme c’est le cas de la plus part des pays du sud, est une réalité diplomatique tout à fait acceptable. Mais qu’un pays puisse devenir une partie intégrante de l’architecture de guerre russe comme le propose le régime algérien à Moscou, est une évolution dangereuse qui ne laissera personne indifférent.

Bien avant cette visite, le positionnement américain à l’égard de l’Algérie était composé de défiance et de menaces. L’ambassadrice américaine à Alger, Elisabeth Moore Aubin, avait pris l’habitude de rencontrer le leadership militaire algérien pour lui faire part des critiques américaines sur tout ce qui peut sceller ce partenariat entre Alger et Moscou. D’ailleurs des membres influents du congrès américain avaient proposé un arsenal de sanctions contre le régime algérien pour le dissuader de se rapprocher davantage de le Russie.

Aujourd’hui, le régime algérien assume ouvertement de financer la machine de guerre russe et demande à intégrer une économie « dédollarisée », un des grands slogans de la stratégie de russe pour contrer la domination américaine. Ce qui veut dire clairement que le régime algérien assume sans complexe sa rupture avec le monde occidental dans ses relations militaires et économiques.

 

 

Avec cette nouvelle donne, les pays européens, l’administration américaine, l’OTAN ne peuvent laisser évoluer un pays qui propose son territoire et son économie comme une rampe de lancement de l’expansionnisme russe, que ce soit en Europe à travers cette guerre contre l’Ukraine ou en Afrique à travers les facilités offertes à son bras para-militaire qu’est devenu le groupe Wagner.

La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si la décision de se jeter dans les bras de Poutine a été mûrement réfléchie par le régime algérien et ses possibles conséquences étudiées ou s’agit-il d’une réaction sanguine liée aux multiples humeurs qui gouvernent l’Algérie et qui pourraient demain provoquer une marche arrière ?

Une chose est certaine. Ni Washington, ni Bruxelles ni l’OTAN ne vont rester les bras croisés face à ce qui apparaît comme un alignement total et militant du régime algérien sur la vision russe du monde et de ses enjeux.

En faisant ce choix, le duo Tebboune/Chengriha place l’Algérie dans l’œil du cyclone international comme une pièce importante du dispositif militaire russe dont l’exigence aujourd’hui est de la contenir ou de l’affaiblir. Le pays risque d’être traité comme un Etat paria, obligé de la Russie comme le sont l’Iran, la Syrie, la Biélorussie.

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