L’Afrique du sud sombre dans la crise d’énergie, particulièrement l’électricité. Sale temps pour Cyril Ramaphosa, le président sud africain qui n’arrive plus à contenir la colère populaire face aux manquements cruels en électricité et une économie à bout de souffle qui font ressurgir toutes les carences de l’Etat et son incapacité à gérer les problèmes.
Après une année 2022 des plus sombres pour le pays, marquée par plus de 200 jours de délestages, les coupures d’électricité continuent en 2023 de faire des dégâts.
Les sud africains sont privés d’électricité pour plus de 10 heures par jour à cause de ce scandale qui fragile Cyril Ramaphosa suite à des années de mauvaise gestion, de corruption, de sabotages et de décisions politiques inadéquates.
Eskom, l’entreprise publique d’électricité, s’est rendue à l’évidence, en annonçant qu’elles est devenue incapable de produire de l’électricité de manière continue.
Les Sud-Africains se sont mobilisés et de violentes manifestations ont éclaté dans plusieurs townships et l’opposition affirme que c’est le parti au pouvoir, l’ANC, qui est la source de problème.
L’Alliance démocratique (DA) avait appelé tous les Sud-Africains à faire entendre leur colère contre la destruction, par l’ANC, de leurs infrastructures énergétiques et de leur économie.
Les organisations de la société civile sont aussi très remontées contre le chef de l’Etat et ont multiplié les manifestations dont celle du 20 janvier à Pretoria et 2 février, à Midrand devant les locaux d’Eskom.
Face à la situation de crise, Cyril Ramaphosa avait appelé Eskom à ne pas appliquer la hausse des tarifs, pour remettre la faute sur l’entreprise et jouer la carte du président du peuple alors que la colère se dirige contre lui et sa mauvaise gestion.
Il a annulé son déplacement au 53e sommet de Davos pour renvoyer l’image d’un président proche du peuple qui s’intéresse aux problèmes des citoyens mais en réalité, c’est surtout pour contenir la grogne sociale et la peur d’un coup d’Etat en son absence du pays qui l’a empêché de se déplacer, car ce n’est pas la première fois que l’Afrique du sud connait une crise de l’électricité. En 2019, Ramaphosa avait déjà écourté une déplacement en Égypte pour les mêmes raisons.
Pour l’opposition et les Sud-africains qui ont ras-le-bol, le président Cyril Ramaphosa a montré son incapacité de résoudre les problèmes du pays. Toutes les stratégies ont déjà été utilisées et plus d’une fois, les annulations de déplacement, les grandes réunions avec responsables, les discours à la Nation, les grandes stratégies sectorielles qui n’aboutissent pas.
Ramaphosa a abattu jeudi dernier sa dernière carte, en donnant un discours annuel sur l’état de la nation et annonçant la mise en place d’un état de catastrophe nationale, avec effet immédiat.
C’est la même mesure d’urgence utilisée pour la pandémie du coronavirus, et elle lui permet « d’accélérer des projets de fourniture d’énergie et de limiter les contraintes réglementaires », selon lui. En réalité, il aura la main mise sur tous les projets énergétiques et fera passer toutes les décisions mêmes impopulaires pour se sortir d’affaire.
C’est le cas les projets de TotalEnergies qui a demandé une licence de production pour deux blocs gaziers au large de la côte du pays qui pourraient lui rapporter plus d’un milliard de barils, et qui devrait servir à diversifier les sources d’énergies en Afrique du sud, plus grand pollueur d’Afrique qui exploite le charbon pour son électricité.
La grogne sociale contre ce nouveau projet gazier dans un pays déjà très pollué, n’a pas tardé à se faire entendre en Afrique du sud et ailleurs chez les militants écologistes car le projet situé au sud du pays est une zone de migration de baleines et menace la grande biodiversité marine et les familles de pêcheurs qui vivent depuis plusieurs générations de la pêche.
Ramaphosa est annoncé en Algérie, l’allié africain contre l’intégrité territoriale du Maroc. Ce déplacement devrait, selon les observateurs, être synonyme d’une aide financière généreuse, à laquelle pourrait également s’ajouter une rallonge si le président sud-africain consent à faire un petit tour à Tindouf, histoire de donner une légitimité, même fictive, à une entité fantoche de plus en plus isolée dans le continent.