Dakhla: La préservation du patrimoine matériel et immatériel du Sahara marocain nécessite des efforts considérables (Forum)

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Dakhla – La préservation du patrimoine matériel et immatériel du Sahara marocain qui se caractérise par sa richesse et sa diversité, nécessite des efforts considérables, ont souligné les participants à un forum organisé, les 5 et 6 février à Dakhla.

Réunis dans le cadre de ce forum de deux jours initié sous le thème « la valeur scientifique du patrimoine matériel et immatériel au Sahara marocain », les chercheurs universitaires et experts en archéologie ont aussi souligné la nécessité d’engager une réflexion collective sur les moyens à même de préserver et de valoriser le patrimoine matériel et immatériel du Sahara marocain et de mettre l’accent sur l’importance de la recherche scientifique en matière d’archéologie.

A cette occasion, l’enseignante chercheuse à l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine (INSAP) à Rabat, Aïcha Oujaa a indiqué dans sa présentation intitulée « Modes et milieux d’occupation humaines dans les zones sahariennes » que plusieurs sites archéologiques qui remontent à l’ère dite « Atérienne » ont été découverts dans le Sud du Maroc.

« Dans les régions de Laâyoune-Sakia Al Hamra et Dakhla-Oued Eddahab, l’homme s’y est installé depuis l’ère du paléolithique inférieur et y a laissé des indices de sa présence tels que les bifaces », a fait observer Mme Oujaa, qui est également coordinatrice du projet ATLAS du patrimoine culturel et naturel de la province d’Aousserd.

Ces outils qui remontent aux périodes anciennes de la Préhistoire, a-t-elle poursuivi, ont été trouvés dans trois sites dans la province d’Aousserd et dans deux sites dans la province d’Es-Smara, rappelant que les fossiles d’Homo erectus qui dataient de 700.000 ans ont été découverts à Ain Maarouf et Casablanca.

Pour sa part, le professeur à l’Université Chouaib Doukkali d’El Jadida, Abdelhadi Ewague a mis l’accent sur l’état actuel de plusieurs sites de gravures rupestres, déplorant les dégradations des monuments funéraires qui guettent les sites archéologiques, d’où la nécessité de renforcer les surveillances continues pour dissuader d’éventuelles destructions futures.

Dans son intervention axée sur « Les sites d’art rupestre au Maroc entre défis de protection et enjeux de revalorisation », M. Ewague a mis en exergue une série d’approches qui contribueraient à la préservation, à la protection et à la revalorisation de ces sites, portant sur les volets législatif, la gestion responsable des sites, la valorisation et la sensibilisation.

De son côté, le chargé de l’inspection des monuments historiques et des sites à la Direction régionale de la Culture Dakhla-Oued Eddahab, El Mahdi Sehasseh, a fait remarquer, dans sa présentation axée sur « La gestion du patrimoine culturel de la région de Dakhla Oued Eddahab » que les civilisations anciennes dans la région de Dakhla-Oued Eddahab, remontent à l’ère du paléolithique inférieur ou ce qu’on appelle la période acheuléenne.

Plusieurs sites de surface ont été recensés dans plusieurs zones de la région qui présentent un outillage principalement façonné sur des quartzites locaux (bifaces, éclats, objet unifaciaux…), a noté M. Sehasseh, ajoutant que la région regorge également d’objets archéologiques (pièces lithiques : pointes pédonculées, foliacées, lame et lamelles…) qui prouvent une occupation du sol dans le paléolithique moyen (Atérien) et supérieur (Ibéromaurusien).

Dans son exposé axé sur « la céramique néolithique dans la région de Dakhla-Oued Eddahab », Hind Rhosne, étudiante-chercheuse à l’INSAP a, quant à elle, passé en revue les diverses technicités et les différentes décorations et formes de la céramique néolithique dans la région.

« La nature de la céramique de l’argile et la variabilité de ses formes permettent de voir l’utilité de ces ustensiles en céramique et d’avoir une idée sur la manière avec laquelle l’homme a réfléchi à les faire », a-t-elle précisé, faisant savoir que la céramique néolithique présente une nette influence saharienne, dont témoigne de façon éloquente une vase céramique découverte au site de Safia à Bir Guendouz relevant de la province d’Aousserd.

Les quatre panels scientifiques de ce forum, de deux jours, ont été axés notamment sur « le cadre géologique-géomorphologique et naturel des zones sahariennes et les moyens de parvenir à développement durable », « Un aperçu de l’art rupestre dans le Sahara marocain », « La gestion du patrimoine culturel de la région de Dakhla-Oued Eddahab » et « Le patrimoine Hassani dans la région de Dakhla-Oued Eddahab et les enjeux de sa préservation ».

Parallèlement à ce forum, une exposition autour du thème « Sahara marocain: un patrimoine archéologique millénaire” a été inaugurée par le ministre de la jeunesse, de la culture et de la communication, Mohamed Mehdi Bensaid, en présence d’un parterre de professeurs, de chercheurs et d’experts dans le domaine d’antiquités, de patrimoine et de gravures rupestres.

L’exposition comporte une série de pièces, d’outils et de fragments datant du paléolithique inférieur: Acheuléen et du Paléolithique moyen: Atérien et du Néolithique.

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