Scandale du concours des avocats : Le milieu des toges noires en profond désaccord

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Le scandale touchant l’examen écrit d’accès à la profession d’avocat, et impliquant le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi et son département, continue de suscité les réactions de part et d’autre. Cela dit, le corps des avocats ne semble pas être d’accord sur toute la ligne. Certains défendent le ministre et son département contre tout « népotisme » ou « favoritisme », d’autres appellent à l’annulation des résultats de l’examen et l’organisation d’un nouveau concours. 
Dans un premier temps, l’Association des Barreaux du Maroc (ABM ) a dénoncé les « réactions injustifiées qui dépassent les limites du droit légitime de manifester, et s’écartent des voies légales et administratives possibles, pour nuire, abuser et diffamer les candidats(e) ayant réussi et leurs familles, ainsi que les institutions concernées encadrant l’examen ».
Dans un communiqué, publié à l’issue d’une réunion d’urgence tenue vendredi à ce sujet et où l’ABM semble avoir bien choisi son camp, l’Association a dénoncé et refusé « de profiter de l’examen d’aptitude à l’exercice de la profession d’avocat, pour relancer la campagne de ciblage de la profession d’avocat et la poursuite des accusations gratuites contre les institutions professionnelles tout en remettant en cause de leur crédibilité ».
En parallèle, le Syndicat National de la Justice a également tenu, samedi soir, une réunion d’urgence, après l’appel du Syndicat des Avocats du Maroc à repasser l’examen écrit d’accès à la profession d’avocat, justifiant sa position par les informations qui ont largement circulé dans les médias selon lesquels les questions de l’examen susmentionné avaient fuité, en plus des « opérations frauduleuses qu’ont connues certains centres d’examen ».

Suite à ses « accusations », le Syndicat national de la justice n’a pas tardé à confirmer qu’« il n’y a pas eu de fuite ou de fraude pendant la période de l’examen écrit », notant que « s’il y avait quoi que ce soit que le syndicat susmentionné prétendait, le nombre de candidats retenus aurait été au moins la moitié des candidats ayant passé l’examen ».

Affilié à la Confédération démocratique du travail (CDT), le Syndicat national de la justice a expliqué que le taux de réussite dans l’examen écrit d’accès à la profession d’avocat (2 % du nombre total de candidats ), confirme selon lui,« qu’il n’y a pas de fuite ni de triche ».

Dans ce sens, le Syndicat national de la Justice a défendu jusqu’au bout les employés ayant pris part à la surveillance des candidats à l’examen du barreau, par décision du ministère de la Justice, estimant qu’il s’agit « des acteurs les plus honorables et les plus propres de l’établissement judiciaire ».

De son côté, l’Ordre des avocats du Maroc a également à réagi à ce scandale via un communiqué, en précisant que « ce qui circule dans les médias concernant la fuite de l’examen écrit d’accès à la profession d’avocat, et les opérations de fraude qu’a connu certains centres d’examen, est documenté, publié et largement diffusé sur les réseaux sociaux », appelant aussi à l’annulation des résultats de l’examen et l’organisation d’un nouveau concours.

Une réaction qui n’a pas été du goût du Syndicat national de la justice qui a critiqué la position de l’Ordre des avocats en l’accusant de faire des magistrats de la justice « un bouc émissaire pour sortir de la crise de l’examen », exprimant sa condamnation « envers tous ceux qui accusent les employés de la justice de fuites et de facilitation de fraude » dans l’examen susmentionné.

Les différentes positions exprimées montrent clairement l’absence d’une position unifiée dans le milieu des toges noires concernant les résultats de l’examen écrit d’accès à la profession d’avocat.

Par ailleurs, l’opinion publique attend toujours les fameuses explications d’Abdellatif Ouahbi concernant ce scandale.

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