L’utilisation des réseaux sociaux, des jeux électroniques et de l’internet en général est devenue un phénomène répandu parmi les jeunes cependant leur usage excessif ou ce qui est appelé « la dépendance numérique » constitue une obsession qui pèse sur les parents d’élèves sous influence du monde virtuel.
A chaque nouvelle rentrée scolaire, cette obsession inquiétante ressurgit chez une large frange de parents d’élèves qui peinent à convaincre leurs enfants d’abandonner l’habitude de l’usage excessif de l’internet et de consacrer un temps long aux jeux électroniques, à surfer sur les réseaux sociaux et à tchatter sur le n et parfois jusqu’à une heure tardive dans la nuit alors que le début de la rentrée scolaire impose le changement d’un certain nombre d’habitudes et de mauvais comportements.
Mohamed. A, un habitant du quartier Bourgogne à Casablanca, est l’un des parents qui souffre du problème de l’utilisation excessive de l’internet par son fils qui poursuit ses études au cycle collégial.
Dans une déclaration à la MAP, Mohamed a souligné que cette nouvelle génération ne peut pas être dissuadée d’utiliser l’espace numérique mais le problème consiste dans le fait de perdre beaucoup de temps et de manière répétitive à parcourir le contenu des réseaux sociaux.
« J’ai tout fait pour attirer l’attention de mon enfants sur les impacts négatifs de l’usage excessif de l’internet et ses répercussions sur les résultats scolaires mais en vain », a-t-il affirmé, formulant l’espoir que les enseignants et les cadres pédagogiques des établissements scolaires aident dans l’opération de sensibilisation des élèves sur les risques d’une utilisation excessive du net.
Pour sa part, Abdellah Sadiq, un cadre pédagogique , a indiqué que la révolution numérique qu’a connu le monde durant la dernière décennie du 20ème siècle et le début du troisième millénaire a jeté son ombre sur la vie quotidienne de manière générale et plus particulièrement sur les jeunes du fait de l’utilisation intense du contenu numérique à un stade précoce du développement de l’âge et de prise de conscience de cette frange.
L’utilisation de l’internet et des réseaux sociaux est devenue aujourd’hui un canal qui influe sur les connaissances et le comportement des jeunes en plus des intervenants classiques dans le domaine pédagogique comme l’école et la famille, a-t-il souligné dans une déclaration similaire.
Si le contenu numérique et la facilité d’y accéder permettent l’ouverture aux nouvelles connaissances qui sont utiles aux jeunes pour élargir leurs perceptions, cela présente toutefois certains inconvénients pouvant affecter leur comportement surtout les risques sanitaires ou psychologiques comme l’addiction au numérique ou l’accès à des sites qui publient des idées qui ne conviennent pas aux jeunes tel l’extrémisme, a-t-il dit.
Pour vaincre ces risques, il incombe à tous les acteurs concernés d’adopter une démarche préventive qui vise à protéger les jeunes et place cette frange parmi ses priorités, a poursuivi ce cadre pédagogique, notant que l’opération éducative permet d’intégrer les ressources numériques dans le temps scolaire et d’orienter les élèves vers des sites présentant des ressources numériques de nature à contribuer au développement de leurs compétences ce qui aura un impact positif sur leur rentabilité.
Il a également relevé que la sensibilisation des jeunes aux risques de chantage et de harcèlement électronique à travers les réseaux électroniques est une responsabilité partagée de tous les intervenants dans le développement du système éducatif comme l’école, les médias, la famille et la société civile surtout dans le volet préventif, sans omettre le rôle des institutions de sécurité pour lutter contre le chantage et le harcèlement sexuel via les réseaux sociaux, sanctionner les auteurs de ces crimes, les traduire devant les juridictions compétentes outre la protection des enfants victimes.
La création de plateformes numériques à même de répondre aux aspirations et aux attentes des jeunes constitue une initiative positive qui mérite d’être valorisée notamment l’initiative de l’agence nationale de développement digital qui a lancé une plateforme électronique de protection visant à contribuer à la sensibilisation des franges sociales concernées (enfants, jeunes, parents et enseignants) pour une meilleure utilisation et sûre de l’internet, a-t-il ajouté.
Il a, en outre, souligné que la presse joue un rôle vital dans la sensibilisation aux risques de l’internet, les fausses nouvelles, la désinformation et les contenus numériques incitant à la haine, à la violence et à l’extrémisme et ce en parallèle avec la vie scolaire et familiale.
Selon les psychologues, la solution à l’addiction numérique passe par le retour à de vraies relations sociales, la gestion de temps libre, l’utilisation rationnelle de l’internet et des réseaux sociaux, l’utilisation du net par les enfants et les adolescents à des horaires précis outre le contrôle de leurs activités dans cet espace numérique.
Ils estiment également que ce phénomène rentre dans la catégorie des « addictions comportementales » et se manifeste notamment par la perte de la capacité à résister au désir d’accéder aux espaces virtuels à la recherche de nouveaux développements ou ce qui est communément appelé FOMO (Fear of missing out) ou l’ anxiété de rater ou de perdre quelque chose qui est un stade avancé de l’attachement aux réseaux sociaux qu’atteint l’utilisateur graduellement et inconsciemment.