L’ancien président Bolsonaro se défend de toute « tentative de coup d’État »
L’ancien président brésilien Jair Bolsonaro (droite), mis en examen devant la Cour suprême pour « incitation » présumée à l’assaut, le 8 janvier dernier contre le siège des trois pouvoirs, a assuré lundi qu' »il ne lui était jamais venu à l’esprit d’initier un coup d’État ».
Le président du Parti libéral (de Bolsonarro), Valdemar Costa Neto, a envoyé une lettre au gouvernement du District fédéral et au ministère de la Justice demandant un « soutien sécuritaire » pour le retour dans le pays de l’ancien président.
Après un séjour de trois mois aux Etats-Unis, l’ancien chef d’Etat, qui a raté l’investiture de l’actuel président Lula Da Silva (gauche), a confirmé qu’il reviendra au Brésil jeudi prochain, selon la presse locale, qui souligne que les autorités se réunissent ce mardi pour évaluer les mesures à prendre en vue de ce retour très attendu.
« Si j’avais voulu faire un coup d’État, je l’aurais fait pendant que j’étais président, mais cela ne nous a jamais traversé l’esprit », a déclaré le leader de la droite dans une interview au réseau Jovem Pan aux États-Unis.
L’ancien président, à Orlando (Floride) depuis le 30 décembre, a ainsi rejeté les accusations de la gauche qui lui reproche de vouloir instaurer la dictature.
La Cour suprême a inclus le capitaine de l’armée à la retraite dans la liste des personnes sous enquête pour la « tentative de coup d’État » perpétrée par des milliers de partisans de l’extrême droite le 8 janvier à Brasilia.
Des milliers de manifestants ont envahi et saccagé le siège du Congrès, la présidence et la Cour suprême, dans le but de renverser l’actuel président, qui a battu Bolsonaro in extremis aux élections d’octobre 2022.
Au cours des enquêtes, les autorités ont annoncé avoir trouvé un « projet de décret présidentiel putschiste » au domicile de l’ancien ministre de la Justice de Bolsonaro, Anderson Torres, qui est toujours détenu pour sa prétendue « omission » lors de ces événements, en sa qualité de secrétaire à la Sécurité de Brasilia.
Le texte, non signé par Bolsonaro, serait destiné à obliger le Tribunal supérieur électoral (TSE) d’intervenir et d’annuler le résultat des élections.
A plusieurs reprises, Lula a publiquement accusé l’ancien chef de l’Etat de « préparer » un coup d’Etat contre lui.
« Je suis sans mandat, mais je ne suis pas à la retraite. Je vais retrouver le Parti (Libéral) et nous allons voir quelle est notre stratégie (d’opposition). Pas pour le parti, mais pour le pays », a affirmé Bolsonaro.
Pour lui, « la gauche n’est pas sur la bonne voie (…) Nous entrons dans un gouffre dont il serait difficile de sortir ».