La directrice générale de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Audrey Azoulay, a appelé, lors de la conférence mondiale dédiée aux menaces sur l’intégrité de l’information, à la régulation des plateformes numériques face à la désinformation et à la haine en ligne.
« Si le brouillage des frontières entre le vrai et le faux, le déni très organisé des faits scientifiques, l’amplification de la désinformation et des complotismes, ne sont pas nés sur les réseaux sociaux, ils s’y épanouissent bien mieux que la vérité en l’absence de régulation », a prévenu Mme Azoulay, citée dans un communiqué de l’Organisation, dans son discours d’ouverture de la conférence mondiale, qui s’est tenue le 22 et 23 février à Paris.
« C’est en prenant la pleine mesure de cette révolution technologique que nous pourrons faire en sorte qu’elle ne se fasse pas au détriment des droits humains, de la liberté d’expression et de la démocratie. Pour que l’information reste un bien commun, c’est maintenant que nous devons, ensemble, réfléchir et agir », a-t-elle insisté.
Mme Azoulay a également souligné les nombreux efforts de régulation menés dans au moins 55 pays, mais a prôné une approche cohérente au niveau mondial, fondée sur les droits humains. « Si ces initiatives de régulation sont lancées de manière isolée, chaque pays travaillant dans son coin, elles sont vouées à l’échec. Les bouleversements de l’information constituent par définition un problème mondial, c’est pourquoi nos réflexions doivent se dérouler à l’échelle mondiale », a-t-elle dit.
La cheffe de l’UNESCO a conclu en exhortant tous les pays à se joindre aux efforts de l’UNESCO pour transformer internet en un outil qui soit véritablement au service du public et qui contribue à garantir le droit à la liberté d’expression, un droit qui inclut le droit de chercher et de recevoir des informations.
La conférence de l’UNESCO, intitulée « Pour un internet de confiance », a rassemblé 4.300 participants afin d’envisager des solutions de régulation face à la crise actuelle de l’information en ligne. C’est la toute première conférence mondiale dédiée à ce sujet. Elle est aussi le point d’orgue d’un dialogue mondial lancé par l’UNESCO pour élaborer les premiers principes mondiaux de régulation des réseaux sociaux visant à améliorer la fiabilité des informations et à promouvoir les droits humains en ligne.
L’organisation onusienne a impliqué toutes les parties prenantes : gouvernements, régulateurs indépendants, entreprises du numériques, universités et société civile. Les principes seront lancées par l’UNESCO en septembre 2023.