Dorénavant, la haine qu’exprime le président algérien Abdelamajid Tebboune relève plus de la psychiatrie que de la politique ou de la diplomatie.
A chaque sortie médiatique, comme par un réflexe de Pavlov, A. Tebboune ne peut s’empêcher de déverser son fiel sur le Maroc. Le plus grave est qu’il semble prendre un malsain plaisir à cette opération, comme si sa détestation à l’égard du Maroc faisait partie constitutive de sa personnalité politique.
Sa dernière interview au journal Le Figaro n’a pas dérogé à la règle. Tebboune déteste le Maroc et les Marocains et veut qu’on le sache à grande échelle.
D’abord à l’échelle algérienne où il présente sa haine à l’égard du Maroc comme un défouloir national. Jamais avec les prédécesseurs de Tebboune, qu’il s’agisse du long règne d’Abdelaziz Bouteflika ou d’autres présidents, à commencer par Houari Boumediène, passant par Liamine Zeroual ou Chadli Benjdid, la haine contre le Maroc n’avait atteint des niveaux paroxystiques comme ceux portés fièrement en bandoulière par le président Tebboune.
Pour lui et pour les tenants de cette doctrine, derrière tous les échecs algériens, ils voient l’influence sournoise du Maroc. Et ils sont nombreux à voir la faillite de leur État qui fait que dans un pays pétrolier et gazier, les citoyens sont obligés de faire la queue à cinq heure du matin pour obtenir une brique de lait, une résultante d’un obscur complot ourdi par le Maroc.
D’ailleurs des accusation irrationnelles n’ont-elles pas été lancées par le régime algérien contre le Maroc d’avoir provoqué les incendies criminels de la Kabylie, de financer tous les mouvements d’opposition algérienne, d’être derrière tous les trafics de drogue et les réseaux pédophiles qui s’activent en Algérie ?
Cette posture du bouc émissaire idéal qu’incarne le Maroc fait l’économie de la moindre interpellation des incompétences structurelles des autorités algériennes. D’autant plus que le mot d’ordre politique en Algérie est le rêve de se débarrasser du régime militaire et de rêver à haute voix d’un pouvoir civil. Un ennemi extérieur est idéal pour justifier ses propres échecs et continuer à exercer le pouvoir presque impunément.
Ensuite il y a l’échelle régionale et internationale. Il y a une forme de hantise obsessionnelle à exhiber de manière spectaculaire toutes les médiations possibles pour réconcilier les deux pays. Abdelamajid Tebboune, le haineux d’Alger , donne cette fausse impression que le Maroc est dans une recherche effrénée de médiation avec le régime algérien. La réalité politique est tout autre. Celui qui a le plus besoin de médiation est celui qui a pris la décision de couper les relations diplomatiques et de fermer l’espace aérien entre les deux pays participant à un isolement de plus en plus coûteux de l’Algérie.
Même lorsque la décision stratégique de fermer le gazoduc Maghreb a été prise par Alger, le but clairement affiché était de provoquer une crise économique et sociale au Maroc. Or l’effet inverse s’est produit. Non seulement l’économie marocaine a su résister au point de trouver rapidement une alternative au gaz algérien, mais l’effet boomerang a privé les caisses algériennes de nombreuses ressources dues à la hausse des prix de l’énergie provoquée par la guerre entre la Russie et l’Ukraine.
Mais ce qui souligne cette haine recuite contre le Maroc chez le président Tebboune, c’est quand il est à court d’arguments, il évoque des incidents qui datent des années 60 pour expliquer les ruptures d’aujourd’hui. Ce langage ne parle pas aux générations d’aujourd’hui et n’a d’autres objectifs que de donner une raison d’être à cette haine contre les Marocains devenue au fil des années Tebboune un mode de gouvernance.
Cette fixation obsessionnelle sur le Maroc se contredit ouvertement avec l’attitude bienveillante à l’égard de la France, ancienne puissance coloniale. Tebboune est prêt à une totale amnésie à l’égard des crimes de la colonisation mais ressasse d’invraisemblables incidents avec le Maroc des années 60 pour expliquer ses réflexes haineux à l’égard des Marocains.
Il est étonnant pour tous les observateurs de la relation entre l’Algérie et le Maroc de voir que Tebboune se ferme de manière hermétique à toute possibilité de normalisation de ses relations avec le Maroc.
Or entre les Etats, il n’y a ni amitié ni animosité éternelle. Il n’y a que des intérêts. Et les intérêts du régime algérien du moment semblent de nourrir la mythologie de l’ennemi extérieur, avec une théorie suicidaire « du quoi qu’il en coûte » politique au point de justifier la rupture des relations diplomatiques comme une alternative à la guerre.
Mustapha Tossa