Face à son dossier faible et les échecs récents dans l’organisation de manifestations sportives et politiques, l’Algérie consciente de son incapacité et de sa médiocrité cherche à accuser de nouveau le Maroc.
Organisatrice du CHAN 2023 ainsi que de la CAN U17, l’Algérie est postulante pour la CAN 2025 aussi. Mais si la CAF a été indulgente avec le pays pour organiser ces deux compétitions, les exigences pour la plus importante compétition continentale sont d’un niveau supérieur auquel l’Algérie ne peut rivaliser avec les autres postulants.
« Le moins que l’on puisse dire, l’Algérie aura devant elle de sérieux concurrents pour avoir l’honneur d’accueillir la 35e édition de la CAN » a indiqué le site d’information Algérie 360, ajoutant : « Alors que le Maroc et l’Afrique du Sud ne sont pas à présenter, le Sénégal ou encore le Nigeria ont connu une évolution avérée en matière d’infrastructures ».
La CAF a reçu six dossiers de candidature pour l’organisation de la CAN 2025 retirée à la Guinée en septembre dernier. L’Algérie figure parmi les candidats et le nom du pays organisateur devrait être connu en février prochain.
L’Algérie, le Maroc, l’Afrique du Sud, le Sénégal, la Zambie et le Nigeria conjointement avec le Bénin sont candidats pour reprendre l’organisation de la plus prestigieuse compétition africaine. Une équipe de la CAF devra se rendre dans les 7 pays en lice pour inspecter les différentes installations sportives. Ces visites auront lieu entre le 5 et le 25 janvier 2023.
Le pays organisateur de la CAN 2025 sera communiqué officiellement le 10 février 2023 à l’issue de la réunion du Comité exécutif de la CAF à l’issue de la réunion de son comité exécutif.
L’incapacité de l’Algérie à organiser la CAN 2025
L’Algérie le sait mieux que personne, ses infrastructures sportives ne sont pas aux normes, ses hôtels sont de moindre qualité et les services aussi sont en deçà des normes d’une compétition de cette envergure.
A l’heure où l’Afrique et la CAF veulent donner ses lettres de noblesse au football africain et mettre en valeur le continent, le virage vers l’excellence n’est pas négociable et ce n’est pas en bradant l’organisation de la CAN 2025 que cela pourra être fait.
Aujourd’hui, l’enjeu est important, puisque le déroulé de la prochaine CAN va permettre à 10 équipes nationales de disputer la Coupe du monde 2026, et il faut qu’elles puissent jouer dans des conditions optimales que l’Algérie n’offre pas.
L’Algérie est consciente de son incapacité à organiser de telles manifestations, preuve en est le dernier Sommet arabe auquel aucun chef d’Etat arabe important n’a fait le déplacement, et les catastrophiques Jeux méditerranéens qu’elle n’est pas prête de réorganiser de sitôt.
Outre plusieurs délégations de pays du bassin méditerranéen qui ont critiqué les infrastructures et dont certains se sont retirés de la compétition, le secrétaire général du comité exécutif des Jeux méditerranéens (CIJM), Iakovos Filippousis, avait transmis une lettre au représentant algérien dans laquelle il a dressé une liste de tous les manquements enregistrés.
« Il s’agit d’un épisode inacceptable et sans précédent, qui offense ouvertement le CIJM et la famille sportive méditerranéenne », a-t-il noté, soulignant « l’incapacité de subvenir aux besoins basiques de ses membres en termes d’assistance médicale, d’approvisionnement en eau potable, de qualité de la nourriture et de débit de l’eau dans les robinets ».
Voici les conditions avec lesquelles l’Algérie postule pour la CAN 2025
Le dossier algérien comprend 6 stades, et il s’agit des stades Baraki et Douera (Alger), Miloud Hadefi (Oran), Mustapha Tchaker (Blida), Chahid Hamlaoui (Constantine) et le stade du 19 mai 1956 (Annaba).
Parmi ces stades retenus, celui de Douera n’est même pas encore construit, le Stade Annaba, est le seul stade à la hauteur en Algérie en termes de pelouse (hybride et la seule du pays) selon la presse algérienne. Malgré le fait qu’il soit homologué par la CAF, ce stade est en rénovations depuis plusieurs mois déjà.
Le stade Tchaker, où l’équipe nationale algérienne joue ses rencontres à domicile, est dans un piteux état. Le sélectionneur algérien Djamel Belmadi, connu pour son franc-parler, s’est attiré les foudres de la Fédération algérienne pour avoir dit la vérité au sujet des stades en Algérie, en lançant un coup de gueule début septembre 2021.
En octobre 2021, avant un match contre la sélection nigérienne pour le compte des éliminatoires de la Coupe du Monde 2022, Djamel Belmadi avait déclaré que le stade du Général Seyni Kountché de Niamey était « mieux que Tchaker ».
Et avant de recevoir Djibouti pour le compte de la première journée des éliminatoires, Belmadi avait dénoncé en conférence de presse l’état « calamiteux » du terrain de Tchaker, ajoutant qu’il n’était pas possible de délocaliser le match dans une autre ville puisque tous les terrains d’Algérie sont dans un état identique.
« Sans doute qu’il ne faut pas l’accabler personnellement (Djamel Belmadi) puisque le stade Tchaker de Blida n’est pas le seul en Algérie à ne pas disposer d’une pelouse en bon état », a noté le site d’informations Tout sur l’Algérie (TSA) dans un article intitulé « Pelouse du stade Tchaker : chronique d’un scandale qui n’en finit pas » publié en octobre 2021.
Et l’auteur d’ajouter : « si on en parle, c’est parce que le stade abrite les matchs des Verts. Djamel Belmadi l’a dit et tout le monde peut le constater, l’Algérie ne dispose pas d’un seul terrain répondant aux normes internationales ».
Le stade du 5 Juillet d’Alger, poursuit TSA, « a été refait à plusieurs reprises sans grand résultat » et de constater que « le pays a fait un énorme bond en arrière en la matière puisque plusieurs stades construits dans les années 1980 ont vu leurs terrains en gazon naturel convertis en pelouse synthétique ».
« Le problème a sans doute besoin d’une solution structurelle élaborée au niveau central, et non pas des rafistolages de circonstance auxquels on assiste ici et là », poursuit la même source.
Résultat des courses en fin de match, le résultat tombe : « L’équipe nationale algérienne a été contrainte d’évoluer sur une pelouse catastrophique et à la limite du praticable, jeudi dernier face au Djibouti », a écrit le site Observ’Algérie.
Le 16 novembre, le « nouveau » stade d’Oran devait accueillir un match amical entre l’Algérie et le Mali pour donner une belle image des nouveaux stades, avait déjà des pannes d’électricité. « En plus de la panne qui a affecté le système d’éclairage du nouveau stade d’Oran, la télévision algérienne qui a retransmis la rencontre s’est trompée sur les noms des deux sélections dans l’affichage du résultat », a indiqué TSA.
La conférence de presse d’après match de deux sélections a été annulée à cause de la panne d’électricité après avoir laissé les journalistes et les sélectionneurs attendre une trentaine de minutes. Une situation invraisemblable dans un pays gazier.
L’Algérie accuse de nouveau le Maroc
Malgré toutes les insuffisances criantes, le ministre algérien de la Jeunesse et des Sports Abderrazak Sebgag semblait confiant et sûr de son dossier composé de stades rafistolés de l’extérieur, face à ses concurrents africains.
« La différence entre la candidature de l’Algérie et celle de certains autres pays candidats, c’est que ces derniers se portent candidats avec des maquettes, c’est-à-dire des projets qu’ils comptent réaliser d’ici 2025 », a-t-il dit le 13 décembre, en critiquant au passage les autres pays candidats. « On ne se porte pas candidat avec des maquettes », a déclaré le ministre de la Jeunesse et des Sports.
Mais le spectre du Maroc n’étant toujours pas loin, et les accusations de l’Algérie envers son voisin sont tellement habituels qu’elles en sont devenues ridicules, il fallait s’attendre à la théorie du complot.
Le journaliste algérien de la chaine télévisée beIN Sport, Hafid Derradji, n’a pas tardé à jouer son rôle pour ruiner les chances du Maroc et influencer la CAF en faveur de son pays en questionnant son intégrité.
Il a indiqué que l’instance dirigée par le Sud-Africain Patrice Motsepe a déjà tranché concernant le pays hôte de la CAN 2025 et ceux des deux éditions suivantes (en 2027 et 2029)
« Avant même le dépôt et l’étude des dossiers de candidatures, et le vote prévu le 10 février prochain (la confédération) a décidé d’offrir au Maroc l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, au Nigeria et au Bénin l’édition 2027, puis à l’Algérie en 2029 », cherchant à faire son intéressant.
« Le vote devait se faire en marge du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) prévues en Algérie (en janvier 2023), mais il a été reporté au 10 février en marge de la Coupe du monde des clubs prévue au Maroc… Comprendra qui voudra, mais c’est ainsi qu’est géré le football qui n’est plus qu’un simple jeu », a-t-il poursuivi dans un post sur Facebook.
Selon sa logique, l’annonce du choix de l’organisateur serait liée au lieu de l’annonce de l’attribution, comme si l’Algérie avait réellement une chance de remporter cette organisation.