Le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) s’est félicité de l’élection du Maroc en tant président du Conseil des droits de l’Homme (CDH) des Nations Unies. Il s’est également indigné de la campagne menée par l’Algérie.
Le mouvement indépendantiste kabyle pacifiste s’est réjouit que la présidence du Conseil des droits de l’Homme ne soit pas revenue à l’Afrique du sud, pays soutenu par l’Algérie.
Pretoria et Alger forment en effet ce qui est communément appelé « l’axe du mal » en Afrique et leur partenariat trouve comme point en commun la haine viscérale du Maroc.
L’Afrique du sud qui ose parler du conflit du Sahara en prenant parti pour l’Algérie en prétendant soutenir le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, garde d’un autre côté, un silence assourdissant concernant le droit des Kabyles à avoir un Etat indépendant. C’est cette dualité de positions qui met en évidence le caractère politique et intéressé de la position de l’Afrique du sud s’agissant du Sahara.
Le MAK l’a bien compris et le son président, Ferhat Mehenni n’a pas manqué de le faire remarquer dans un tweet. Personne n’était dupe quant à la campagne honteuse menée par l’Algérie dans les coulisses de l’élection pour la présidence de cet organe onusien, afin de desservir les chances du Maroc et pousser la candidature de l’Afrique du sud.
Au final, l’Afrique du sud n’a pu obtenir que 17 voix sur les 47, une défaite écrasante devant celle du Maroc. Le travail de sape de l’Algérie s’est finalement retourné contre son instigateur.
Dans un message publié sur le réseaux social X, anciennement Twitter, Ferhat Mehenni s’est exprimé en saluant l’élection du Maroc et en concluant son message pas « à bas la dictature », en référence à l’Algérie.
« Je salue l’élection du représentant permanent du Maroc, M. Omar Zniber, à la tête du Conseil des Droits Humains de l’ONU pour l’année 2024 (..) Malgré une campagne acharnée de l’Algérie pour lui barrer la route, le candidat marocain a obtenu les deux tiers des voix face à son rival sud-africain pour lequel l’Algerie faisait campagne », a-t-il écrit.
« Ceci est d’autant à saluer pour nous que la voix de la Kabylie aurait été étouffée si le candidat parrainé par Alger était élu. L’Algérie aurait alors avec son accession au poste de membre non permanent au Conseil de Sécurité, fait obstruction à toute dénonciation onusienne des graves violations des droits humains sur des Kabyles », a tenu à ajouter le chef du MAK, rappelant que le président algérien Abdelmadjid Tebboune a classé le MAK comme une organisation terroriste.
Le MAK espère aussi que le sujet de l’autodétermination de la Kabylie soit mentionné ou discuté au niveau de cet organe onusien sous la présidence du Maroc. Dans les faits, le Royaume ne s’est jamais positionné sur l’indépendance de la Kabylie.
L’Algérie a plus à craindre de la présidence marocaine, non seulement pour le dossier de la Kabylie qui pourrait éventuellement être mis à l’honneur, mais surtout les violations des droits humains contre les militants pacifiques du Hirak algérien de 2019, constituent l’élément central qui inquiète à Alger.
Si le Maroc venait à mettre le dossier kabyle sur la table des discussions, il n’agira qu’en tant que président du Conseil mais n’aura pas de pouvoir décisionnaire dessus. Le dossier devrait suivre son cours comme n’importe quel autre sujet ayant trait aux droits de l’Homme.
Les représentants Kabyles dénoncent en permanence les persécutions dont ils font l’objet en Algérie et en dehors de l’Algérie. Les responsables Kabyles ont le statut de réfugiés à l’étranger et c’est la seule manière pour eux de faire entendre leur voix car, en Algérie les militants de la cause Kabyle se font emprisonner.
Avec cette présidence, le Maroc entend oeuvrer à « répondre aux exigences de notre travail commun si important et si fondamental : celui de la promotion, du respect et de la garantie des droits humains tels qu’universellement reconnus », a souligné un communiqué du Conseil citant Omar Zniber, le représentant permanent du Maroc à Genève.
De son côté, le ministère des Affaires étrangères s’est félicité de « l’élection du Royaume, à la faveur de l’adhésion d’un grand nombre de pays de toutes les régions du monde, et malgré la mobilisation de l’Algérie et de l’Afrique du Sud pour la contrer ».
Le Maroc, ajoute le texte, « voit un signal fort émis par la communauté internationale en faveur de sa démarche constructive, et son leadership rassembleur sur des sujets clefs comme ceux du dialogue interreligieux, de la tolérance et de la lutte contre la haine raciale, du droit à un environnement sain et durable, des droits des migrants et de l’impact des nouvelles technologies ».