Les attaques terroristes d’Es-Smara, « ne resteront pas impunies », a prévenu le représentant permanent du Maroc à l’ONU, Omar Hilale, qui s’exprimait lors d’une séance de questions faisant suite à l’adoption de la dernière résolution du Conseil de sécurité sur le Sahara. L’Algérie, prise de panique, a voulu donner le change.
Après l’attaque par projectiles ayant visé des quartiers civils et non des cibles militaires dans la ville de Es-Smara, le Maroc s’est officiellement prononcé par la voix de Omar Hilale.
Le diplomate a montré devant la presse le plan de la ville et les lieux où ont eu lieu les explosions, des quartiers industriels et résidentiels qui ne sont pas militaires. Cette attaque terroriste qui a tué un jeune marocain venu de France pour ses fiançailles et a fait des blessés, a semé la panique en Algérie qui a obligé le polisario à tenir une réunion dimanche soir.
En effet, le chef de la milice du polisario, Brahim Ghali a été contraint par le pouvoir algérien de tenir une réunion d’urgence du « secrétariat général » de la milice et d’arrêter 4 éléments qui seraient les auteurs de ces tirs de projectiles depuis Tifariti.
Ce développement montre que c’est l’Algérie qui décide et a le pouvoir suprême sur le polisario (qui a revendiqué fièrement l’attaque). Par ailleurs, la posture de l’Algérie dans ces actes semble tout à fait bizarre, compte tenu du silence des médias algériens qui ont l’habitude de célébrer toutes les « victoires » militaires du polisario.
« Le droit international, le droit humanitaire international, les résolutions des conseils de sécurité, qualifient toute attaque ou tout ciblage des civils dans les villes comme acte terroriste comme acte de guerre », a déclaré Omar Hilale, ajoutant que cela suppose des « conséquences et des responsabilités ».
La convocation de la réunion du polisario à l’initiative de l’Algérie, et le silence des médias algériens rendent compte de la situation de tension à Alger après ce qui peut être perçu même comme une « déclaration de guerre ».
La réaction de l’Algérie montre une certaine fébrilité car le pays accueille la milice séparatiste du polisario auteure de l’attaque terroriste d’Es-Smara, et ne veut pas être classé comme Etat parrain du terrorisme. De même, l’Algérie craint la réponse du Maroc.
Et c’est précisément ce qu’Omar Hilale a laissé entendre en mettant en garde et en affirmant que « ces attaques ne resteront pas impunies ».
Le représentant du Maroc a déclaré que les responsables « devront assumer leur responsabilité juridique mais également politique » et seulement ceux qui ont perpétré ces attaques mais aussi ceux « qui sont derrière eux, ceux qui les abritent, ceux qui leur fournissent les missiles, les Katioucha ou les mortiers ».
« Lorsque l’enquête sera terminée, le Maroc prendra les décisions qui s’imposent », a-t-il prévenu, rappelant que le Maroc est en phase de collecte de données scientifiques et balistiques, sans désigner de responsable de l’attaque pour le moment. Il a souligné que les indices sont nombreux et penchent vers la même conclusion.
Pour rappel, l’attaque terroriste qui a visé la ville de Es-Smara, a été revendiquée par le polisario plusieurs fois. La mission d’observation onusienne de la MINURSO s’est rapidement rendue sur les lieux pour constater les faits.
L’attaque terroriste est intervenue à un jour du vote de la résolution 2703 du Conseil de sécurité portant sur le prolongement d’un an du mandat de la MINURSO et de la consécration de la proposition d’autonomie comme solution au conflit entre le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et la milice du polisario.
Lors des différentes réunions au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU tout au long du mois d’octobre, les différents rapports de la MINURSO et du Sécrétaire général de l’ONU, ont tous loué les efforts du Maroc et son attachement à respecter le cessez-le-feu, tout en critiquant le polisario qui entrave le travail de la mission d’observation en lui interdisant de se rendre à l’Est du mur de défense.
Le Maroc ne s’est donc toujours pas prononcé officiellement sur cette attaque, mais la qualification de ces actes ne sauraient tarder après les enquêtes ouvertes par le parquet. Omar Hilale, a également demandé aux Nations unies de rendre publique l’enquête de la MINURSO sur les attaques d’Es-Smara.
Cela permettra que «que tout le monde sache qui cible les civils et qui tue les innocents, qui déstabilise la sécurité dans la région et qui risque de provoquer un drame et un embrasement de la région », a-t-il dit.
Et d’ajouter « nous faisons confiance à la MINURSO. Nous faisons confiance au Conseil de sécurité pour décider. Le Maroc tirera les responsabilités qui s’imposent, après cet acte ignoble et acte terroriste condamnable ».