Armement: Comment l’Algérie menace-t-elle directement le Maroc?

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La course frénétique à l’armement de l’Algérie face aux derniers développements politiques dans la région et sa haine institutionnalisée du Maroc pousse le royaume à adopter une posture de méfiance et de prudence. L’Algérie est classée plus puissante armée devant l’Afrique du Sud, le Canada, et le Portugal.

Le pays voisin a déclaré son hostilité au Maroc en rompant ses relations diplomatiques en août 2021 dans un contexte de fortes tensions avec le royaume au sujet du Sahara, un dossier pour lequel l’Algérie ne se déclare pourtant pas partie prenante bien qu’elle mobilise tous les moyens possibles pour influencer le cours des évènements en défaveur du Maroc.

Dans ce contexte et face au rétablissement des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël, l’Algérie a redoublé d’efforts pour devenir une menace militaire régionale, notamment en organisant des défilés militaires, et des exercices conjoints avec la Russie aux frontières avec le Maroc.

Déjà, l’une des principales puissances militaires en Afrique, l’Algérie a décidé d’allouer en 2023 la modique somme de 22 milliards de dollars à la Défense, restant ainsi le premier poste budgétaire de l’Algérie avant l’éducation nationale, les finances, la santé, etc.

Le pays va donc consacrer quelques 3 186 milliards de dinars en 2023, contre 1 300 milliards de dinars (9 milliards de dollars) en 2022 pour acheter des armes, soit une augmentation de 130 %.

Selon les calculs, l’Algérie consacre ainsi plus de 13 % de son PIB à l’armement (sur la base de son PIB en 2020 estimé à 145 milliards de dollars et de son taux de croissance annoncé) voire même plus de 15 % de son PIB. Pour référence, l’Algérie avait consacré 6,7 % de son PIB à l’armement en 2020.

L’augmentation est donc colossale, sur l’un des budgets en armement des plus élevés bien avant l’augmentation, puisque la moyenne mondiale en la matière ne dépasse pas les 2,2 % du PIB. L’investissement est le double de celui de l’Espagne, et deviendra ainsi supérieur à celui d’Israël.

Selon le Global fire index, l’Algérie est classée 26ème puissance militaire au monde, juste après l’Espagne (21ème), l’Arabie Saoudite (22ème), l’Allemagne (25ème).

Cette hausse sans précédent intervient non seulement dans un contexte de tensions exacerbées avec le Maroc, mais aussi avec d’autres pays du bassin méditerranéen, notamment l’Espagne et la France.

« L’Algérie, dont les relations avec l’Espagne et le Maroc sont inexistantes, gravement endommagées avec la Tunisie et à peine économiquement avec la Libye, a été celle qui a le plus augmenté le budget de la défense. Pendant le conflit, le gouvernement militaire algérien a coupé un gazoduc vers l’Espagne et a tendu les relations avec la France, empêchant les Français de traverser son territoire pour aider les troupes au Sahel », a indiqué le média espagnol Atalayar.

La même source rappelle que l’Algérie a procédé à la révision de sa Constitution pour permettre pour la première fois à l’armée d’opérer en dehors de ses frontières, notamment pour s’engager au Sahel, tout en augmentant ses achats d’armes modernes auprès de partenaires tels que la Russie et de l’Iran, en commandant entre autres des flottes de drones Shahed, petits, mortels et à petit prix, qui sont également envoyés au polisario.

Cette course frénétique à l’armement en Algérie place le pays parmi les 30 pays les plus armés au Monde et son explication est simple. « L’augmentation excessive n’a d’autre but que de faire pression sur le Maroc », indique Atalayar.

L’Algérie, devient une sérieuse menace pour l’Afrique du Nord, la région du Sahel, et pèse aussi sur les équilibres régionaux, allant même rivaliser avec les puissances arabes en continuant sa stratégie d’achat compulsif d’armement, poussant ses voisins, comme le Maroc à chercher à se protéger.

C’est dans ce sens que les Etats-Unis ont autorisé la vente de 18 lance-roquettes HIMARS et des JSOW au Maroc, à des fins purement défensives et de maintien de la stabilité et sécurité régionale, la DSCA (Defense Security Cooperation Agency) l’indique clairement dans son communiqué.

La DSCA indique au sujet des JSOW que « cette vente proposée soutiendra la politique étrangère et la sécurité nationale des Etats-Unis en aidant à améliorer la sécurité d’un allié majeur non membre de l’OTAN qui continue d’être une force importante pour la stabilité politique et le progrès économique en Afrique du Nord ».

« La vente proposée améliorera la capacité du Maroc à faire face aux menaces actuelles et futures », ajoute le document. A propos des HIMARS, ils répondent à la présence des missiles Iskander russes en Algérie placés aux frontières au Maroc.

« La vente proposée améliorera la capacité du Maroc à faire face aux menaces actuelles et futures et contribuera à la capacité du Maroc à détester les menaces et à contrôler ses frontières, contribuant ainsi au maintien de la stabilité et de la sécurité régionales », indique la DSCA.

Ces deux armes qui pourraient rejoindre l’arsenal militaire marocain représentent donc des armes de dissuasion, visant à équilibrer les forces régionales, bien que le budget militaire algérien spectaculaire représente une menace de taille, 4 fois plus important que le budget militaire du Maroc.

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