Débordante d’énergie, de détermination et d’ambition, Siham Mahfoud incarne l’exemple de la femme engagée pour la promotion de l’enseignement préscolaire dans la région de Dakhla-Oued Eddahab.
Cette mère de trois enfants et native d’Ighrem (province de Taroudant), avait choisi, il y a une vingtaine d’années de s’installer à Dakhla et de s’adonner, cœur et âme, à l’enseignement préscolaire, dans l’optique de renforcer les capacités cognitives et les apprentissages des enfants, promouvoir l’offre préscolaire et améliorer la qualité de l’éducation dans la région.
Siham Mahfoud a fait de l’engagement quotidien en faveur de la petite enfance et de ce type d’enseignement son cheval de bataille, en œuvrant, avec spontanéité mais aussi beaucoup d’amour, à démontrer à tous combien la gent féminine a toutes les compétences pour relever, avec brio, les défis qui s’imposent.
Armée d’un baccalauréat en lettres modernes et d’un diplôme d’études universitaires générales (DEUG) en Droit de l’université Hassan 1er de Settat, Mme Mahfoud a d’abord débuté son parcours professionnel à Agadir pendant deux ans dans le secteur de l’export et de l’import.
« En raison du travail de mon défunt mari à Dakhla, j’ai déménagé à cette ville en 2004 avec mes enfants, une source de motivation pour davantage de persévérance dans l’enseignement préscolaire qui est primordial pour amorcer un apprentissage de base tout au long de la vie de l’enfant », a-t-elle confié à la MAP à l’occasion de la Journée internationale de la femme.
« Mon engagement en faveur de la petite enfance m’a permis de retrouver l’estime de soi et a été une source d’épanouissement personnel et de bien-être, au-delà du gain matériel », a-t-elle souligné.
« Dans ce sillage, j’ai effectué des stages dans des écoles privées à Dakhla et des formations en matière d’enseignement préscolaire, en partenariat avec l’union de l’enseignement et de la formation libre au Maroc (UEFLM), l’Académie régionale d’éducation et de formation (AREF) et la Direction provinciale de l’Education nationale à Oued Eddahab », a-t-elle détaillé.
Discrète et sereine, toujours à la quête de la perfection et de l’excellence dans son travail, elle a poursuivi en 2008 des formations avec l’AREF et l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC) portant sur les principes de base de l’éducation préscolaire, en plus de formations continues sur la psychologie et psychomotricité de l’enfant en âge préscolaire.
Autrement, détermination et engagement sont les maîtres-mots de Mme Mahfoud qui, doucement mais surement, a pu se concentrer sur ce type d’enseignement et donner le meilleur d’elle-même.
Son savoir-faire a aussi été aiguisé en décrochant un diplôme en pédagogie d’intégration de l’enfant du préscolaire et un autre de jardinière d’enfants, respectivement en 2010 et 2011.
Ces efforts sont déployés pour que les enfants puissent acquérir, dès leur plus jeune âge, un ensemble d’habiletés, d’aptitudes psychologiques et de capacités cognitives, leur permettant d’entamer leur parcours scolaire dans les meilleures conditions.
Dans la foulée, cette quadragénaire a mis en relief le rôle de l’enseignement préscolaire, insistant sur la nécessité d’investir davantage dans le domaine de l’éducation et de la formation, deux piliers majeurs qui vont de pair pour un développement durable et inclusif.
C’est ainsi que ces efforts n’ont pas tardé à apporter leur fruit en devenant en 2012 directrice de l’école pilote pour l’enseignement préscolaire dans la province d’Oued Eddahab, relevant de la Fondation marocaine pour la promotion de l’enseignement préscolaire (FMPS). Mis en place grâce à l’appui des autorités provinciales et de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), cet établissement scolaire est une structure modèle qui permet aux enfants d’acquérir les compétences de base dès leur jeune âge.
Sa détermination et ses efforts soutenus lui ont voulu d’occuper également le poste de représentante territoriale de la FMPS en 2020. « C’est un grand honneur d’avoir été nommée à ce poste et pour la confiance de la Fondation », s’est-elle réjouie.
En effet, Mme Mahfoud dispose de plusieurs cordes à son arc puisqu’à côté de son succès remarquable dans la vie professionnelle, elle dispose d’une expérience dans le domaine associatif.
En tant que membre du Réseau « Khalij Dakhla » (Baie de Dakhla) pour l’action associative et le développement, l’une des associations les plus actives dans la région, Mme Mahfoud s’est engagée pour protéger l’environnement et assurer la durabilité des ressources naturelles.
Elle a aussi été nommée membre du Conseil national de l’alliance marocaine pour le climat et le développement durable (AMCDD), avec pour missions de débattre des questions environnementales liées aux changements climatiques, à la biodiversité et à la préservation du capital naturel.
Cette militante associative a pris part à la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 25) organisée à Madrid et à la 1ére et 2éme édition du Forum Crans Montana à Dakhla, en plus d’une série de rencontres, activités et tables rondes dans divers domaines.
« La Journée du 8 mars est une source de fierté pour la femme marocaine et constitue une occasion de lui rendre un vibrant hommage en mettant en valeur ses sacrifices et ses efforts inlassables en tant que partie intégrante au sein de la société que ce soit dans le milieu urbain ou rural », a expliqué Mme Mahfoud.
« Je conseille la femme d’aller jusqu’au bout et de persévérer pour atteindre ses objectifs », a-t-elle enchainé, se félicitant des acquis et progrès réalisés en faveur des femmes dans plusieurs domaines.
Consciente de la contribution phare de l’enseignement préscolaire pour amorcer un apprentissage de base chez l’enfant, Mme Mahfoud ne ménage aucun effort en faveur du transfert de son expérience et savoir-faire aux générations montantes.