Le Maroc fortement engagé dans le développement de ses provinces du Sud

0 484

 

Mohamed Jaouad EL KANABI

Le Royaume célèbre ce dimanche le 47è anniversaire de la Marche Verte, une grande épopée dans l’histoire rayonnante du pays. Nul doute que le Maroc a fait de la promotion du bien-être et du progrès économique de ses régions sahariennes un objectif majeur, qui recoupe les plans de développement du pays. Un projet pour lequel il a consacré un « engagement stratégique ».

Aujourd’hui, force est de constater que, depuis l’appel historique lancé par Feu Hassan II en 1975, la détermination et l’engagement patriotique de l’ensemble du peuple marocain demeure sans faille sous la conduite du Roi Mohammed VI. Deux constantes qui ont permis de faire de nos provinces du Sud un hub économique jouissant de la sécurité et de la prospérité.

C’est dans cet esprit et  avec comme but d’accélérer le développement et l’intégration socioéconomique de ses provinces du Sud, que le Maroc avait lancé en 2015 un ambitieux projet de 8 milliards de dollars qui s’articulait autour d’infrastructures visant à structurer le Sahara.

L’autoroute Tiznit-Laâyoune-Dakhla, le port de pêche de Lamhiriz et le port de Dakhla Atlantique entre autres prodigieux projets, se distinguent à cet effet. Le programme de développement prévoit également la création d’une ligne de fret maritime entre Casablanca et Dakhla, l’établissement de liaisons nautiques entre les îles Canaries et Tarfaya et entre les îles Canaries et Laâyoune, la construction d’un Centre hospitalier universitaire à Laâyoune et d’un Technopolis à Foum El-Oued sont également inclus dans ce programme de développement, démontrant « le grand engagement du Maroc envers ses régions du Sud et de leurs habitants ».

« Partout dans nos provinces du Sud, depuis leur récupération après la glorieuse Marche verte en 1975, il y a une volonté qui s’impose plus que d’autres. Cette dernière s’instaure naturellement afin de mettre en exergue une autre vitrine d’un Maroc qui nourrit de grandes ambitions de développement durable et d’égalité sociale pour l’ensemble de ses régions« , souligne Mohamed Talib, membre du Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes (CORCAS).

Pour le spécialiste du Sahara, « il est une priorité, celle d’assurer les conditions de vie digne pour la population et favoriser l’insertion économique et sociale de nos provinces du Sud dans l’ensemble national, et pour cela, des investissements colossaux ont été affectés en vue de réaliser une rapide convergence du niveau de développement économique de ces provinces et de bien-être social avec celui de l’ensemble du Royaume et ce, dans plusieurs domaines ».

« Sur le plan économique et social, poursuit-il, force est de constater depuis la récupération de nos territoires, la nette amélioration de la croissance économique et de la qualité de vie des habitants. L’augmentation constante des dépenses de consommation, la réduction de la pauvreté et des inégalités sociales, en plus des progrès réalisés en matière de développement humain, sont le témoin du développement de cette région ».

En effet et concrètement, Guelmim-Oued Noun (7,1%), Laâyoune-Sakia El Hamra (7%) et Dakhla-Oued Eddahab (4%) avaient affiché avant Dame Covid lors de l’exercice 2019 des taux de croissance bien supérieurs à la moyenne nationale (2,6%). Plusieurs secteurs sont concernés par cette dynamique tous azimuts: Le tourisme, l’emploi, la pêche, l’environnement, la culture, l’artisanat, l’enseignement, la santé, l’aménagement urbain, les routes, l’eau, les énergies renouvelables, l’agriculture et les transports.

Mohamed Talib en veut pour preuve les projets gigantesques que connaissent les régions du Sud, tels que « le mégaprojet du port de Dakhla Atlantique, qui nécessitera un investissement de 12,5 milliards de DH qui, illustre aussi à merveille l’ambition du Royaume pour ce modèle de développement ». Mais pas que! D’autres secteurs tels que celui du transport sont concernés par l’envol économique des provinces du Sud. « La voie express Tiznit-Dakhla devrait métamorphoser à jamais le visage économique du Sahara marocain et même celui de l’Afrique profonde ou tout au moins celui de l’Afrique de l’Ouest, avec le passage de Guerguerate désormais libéré« , analyse notre interloculeur.

En ce sens, le chantier de 10 milliards de dirhams porte sur le dédoublement de la route nationale n°1 entre Tiznit et Laâyoune sur 555 km et l’élargissement à 9m de la voie entre Laâyoune et Dakhla sur une distance de 500 km. « Sûr que les effets de ces investissements se feront ressentir aussi bien sur tout le Royaume qu’en Afrique de l’Ouest », nous dit le spécialiste.

La région de Laâyoune-Sakia El Hamra qu’il a vu se développer depuis la marche verte avec ses plateformes logistiques et industrielles sophistiquées pour faire miroiter les investisseurs nationaux, mais aussi et surtout étrangers, est intéressante aux yeux de Mohamed Talib à plus d’un titre. Il en veut pour preuve les travaux en cours pour la réalisation d’un nouveau parc industriel, de commerce et de distribution dans la ville d’El Marsa, pour un coût global estimé à 259 millions de dirhams (MDH) sur une superficie de 73 ha.

Pour ce qui est des énergies renouvelables dans cette région si chère aux Marocains, il y a ce prometteur chantier de promotion de l’énergie à travers la réalisation des centrales solaires Noor Laâyoune et Noor Boujdour avec une puissance totale de 100 mégawatts (MW) qui devront contribuer au renforcement du réseau électrique national. Ils viendront compléter le parc de production d’énergie éolienne à Tarfaya, le plus grand du genre en Afrique, qui a été inauguré en 2014, avec une production de 300 MW.

 

La région dispose également, depuis 2013, d’un autre parc éolien à Akhfenir (à 220 kilomètres au nord de Laâyoune), qui produit actuellement 100 MW. « Le Maroc n’atteindra pas seulement l’autosuffisance énergétique, mais sera en mesure d’exporter un pourcentage non négligeable de la demande énergétique de l’UE et même au-delà », affirme quant à cela le membre du CORCAS.

D’un autre côté sur le plan académique, l’enseignement supérieur dans nos provinces du Sud, connait quant à lui un réel envol avec la construction de la très attendue faculté de médecine et de pharmacie qui mobilise un budget de 257 MDH sur une superficie de 10 hectares. Un chantier d’envergure qui fait partie d’un projet intégré portant également sur la réalisation d’un Centre hospitalier universitaire (CHU), pour un important investissement de 1,2 milliard de dhs. On n’occultera nullement la formation professionnelle dans cette dynamique de développement de nos régions du Sud, avec la réalisation de la future Cité des métiers et des compétences (CMC) de Laâyoune qui est d’un coût global de 300 MDH.

Pour Mohamed Talib, « l’objectif du Maroc est de faire de nos régions du Sud, le pont logistique et économique entre l’Europe et l’Afrique sub-saharienne sinon plus. Et tout indique que la réalisation de ces chantiers aura un rythme bien plus soutenu, dans un futur proche, et nos régions du Sud acquerront, du fait, un statut de destination incontournable des échanges entre l’Europe et l’Afrique subsaharienne et au-delà« .

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

%d blogueurs aiment cette page :