Le délégué des pêches maritimes à Dakhla, El Mustapha Ouchkeni, met en avant dans cet entretien à la MAP l’apport du secteur de la pêche maritime à la croissance socio-économique dans la région Dakhla-Oued Eddahab et les efforts consentis pour développer cette filière.
1-Quelle évaluation faites-vous du bilan enregistré en 2021 par rapport à 2020 ?
L’année 2021 a été une année exceptionnelle pour l’industrie de la pêche maritime à Dakhla-Oued Eddahab, avec des performances record et inégalées en termes de valeur et de volume de débarquements des produits de la mer au port de Dakhla et les six villages de pêche dans la région.
L’important port de Dakhla, qui est classé au premier rang au niveau national en termes de valeur et de volume a connu une importante activité de débarquements en 2021, avec plus de 572.593 tonnes (T), soit une valeur record de plus de 2.81 milliards de dirhams (MMDH), selon des chiffres fournies par la délégation des pêches maritimes à Dakhla.
Il s’agit d’une augmentation de 34,67% de la valeur financière sur un an (2,09 MMDH en 2020) et une hausse de 4,49 % en termes de volume (547.925 T l’an dernier).
Pour ce qui est des poissons blancs, le volume (32.520 T en 2021 contre 18.795 T en 2020) et la valeur (347,76 MDH en 2021 contre 261,42 MDH en 2020) ont enregistré une augmentation respective de 73,03% et 33,03%.
Concernant les débarquements des céphalopodes, ils ont connu une nette progression de 24.016 T en 2021 contre 20.451 T durant la même période de 2020.
La progression de ces débarquements a eu un impact positif sur le chiffre d’affaires de cet espèce de poisson qui a grimpé de 73,03% sur un an pour atteindre plus de 1,32 MMDH contre plus de 764,51 MDH.
Quelque 30 T de maquereaux ont été débarqués en 2020 (143.000 Dh), contre 528 T en 2021 (1,33 MDH).
Ainsi, les volumes des transactions commerciales des crustacés, des coquillages et des algues ont enregistrés respectivement des augmentations de 17%, 51% et de 72%.
Par ailleurs, les débarquements dans les six villages de pêche au niveau de la région, à savoir Imoutlan, Ntireft, Lassarga, Labouirda, Ain Baida et de Lamhiriz ont enregistré une augmentation de 32,15 % en volume (36.481 T en 2021 contre 27.605 T en 2020) et de 75,08 % en valeur (plus de 1,39 MMDH en 2021 contre plus de 794,21 MDH en 2020).
2/ Quels sont les facteurs de ces performances ?
Le port de Dakhla occupe la première place à l’échelle nationale, dans le sens où les produits de la pêche côtière et artisanale, commercialisés en 2021 représentent 44% du volume des débarquements du poisson au niveau national et 35 % de leur valeur.
Plusieurs facteurs expliquent ces performances exceptionnelles à savoir la mise en œuvre optimale de tous les programmes de la stratégie nationale « Halieutis » et le plan d’aménagement des espèces débarquées.
Ces bonnes performances sont dues aussi à la qualité et aux quantités importantes de débarquements de certains produits de la mer, en particulier la hausse des prix des céphalopodes, en l’occurrence le prix moyen du poulpe qui a grimpé de 60 dhs/Kg à 100 dhs/kg.
Il s’agit également de l’aménagement et la bonne gestion de la halle aux poissons de dernière génération au port de Dakhla, devenue un véritable point d’attrait pour les professionnels du secteur dans la région.
Cette infrastructure portuaire qui a été dotée récemment d’une fabrique de glace de 150T/J, accueille dans des conditions d’hygiène et de sécurité sanitaire, un volume très important des produits de la pêche et permet la célérité de déroulement des opérations de commercialisation et par conséquent assure la valorisation et le maintien de la qualité des produits.
3- Quelles sont les infrastructures mises en place pour assurer la valorisation des produits de la pêche ?
Une grande quantité des espèces débarquées est traitée dans les unités industrielles au niveau de la région qui sont en nombre de 102, réparties sur 76 unités de congélation des produits de la pêche, dont 26 reconverties à la congélation des petits pélagiques.
Il s’agit également de cinq unités de conserve, cinq centres d’expédition des mollusques bivalves, deux unités d’expédition des crustacés vivants et une unité de fabrication des plats cuisinés, ainsi qu’une unité de production de la farine et de l’huile de poisson non destinées à la consommation humaine.
Le tissu industriel de Dakhla dispose aussi de sept fabriques de glace, deux unités d’entreposage des produits de la pêche à l’état congelé, une écloserie et une unité de triage et de calibrage des petits pélagiques.
Il est à noter que plusieurs projets relatifs au secteur de la pêche maritime sont en cours dans la région, en l’occurrence la construction de halle nouvelle génération de Lamhiriz dont l’état d’avancement des travaux est de 45% (15 MDH) et la mise en place d’un nouveau système de pesage des captures déchargées par les navires RSW (37 MDH), le but étant d’assurer la fluidité des opérations de déchargement et la maitrise de la traçabilité des captures.
Composé de 30 navires de pêche hauturière, 3.275 barques de pêche artisanale, 131 palangriers et 75 sardiniers, le secteur de la pêche maritime est considéré comme l’une des principales locomotives de la croissance socio-économique à Dakhla-Oued Eddahab, une région qui dispose d’énormes potentialités halieutiques.